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Relève dans les lobbys du patronat allemand

Jacqueline Hénard, January 07, 2013

Quelques changements importants dans les puissantes confédérations professionnelles allemandes, en ouverture d’une année qui sera dominé par les débats électoraux: Tout d’abord, Ulrich Grillo, 53 ans, prend la relève au BDI, lobby industriel représentant 100 000 entreprises avec 8 millions d’actifs. Les analystes allemands sont un peu hésitants quant aux impulsions que Grillo – un homme svelte, très stylé, avec un goût marqué pour les accessoires aux couleurs vives - pourrait vouloir donner depuis ses nouvelles fonctions. Le secteur de l’énergie et les matières premières sont en tous cas les deux compétences pour lesquels ses pairs l’ont choisi.

Grillo est un représentant de ce fameux Mittelstand allemand, présidant un groupe familial qui prend son origine dans un négoce de ferronerie fondé en 1842, dans le temps aussi connu que Thyssen, Haniel et autres dynasties de la Ruhr et pleinement inséré dans la globalisation. Aujourd’hui, le groupe est actif dans le secteur des métaux non-ferreux et dans la chimie. Ulrich Grillo est issu d’une ligne secondaire de la famille. Après un rachat, pour lequel il s’est substantiellement endetté, il contrôle désormais dix pour cent du capital. L’essentiel du pouvoir réside toujours entre les mains de sa cousine Gabriela Grillo, connue pour ses exploits de cavalière (médaille d’or Montréal 1976).

Au mois de mars, Eric Schweitzer, 47 ans, accédera à la présidence de la DIHK (association des PMEs, des commerces et des chambres des métiers, représentant 3,6 millions d’entreprises). Successeur d’un homme insipide, Schweitzer promet au contraire d’être un personage de premier plan. Patron, conjointement avec son frère Axel, d’Alba, un groupe de traitement de déchets qui emploie 9000 personnes, Eric Schweitzer est l’esprit politique et le communicant des deux. L’entreprise est de date récente, créé en 1968 dans un quartier ouvrier de Berlin par le père des deux. Les fils l’ont bien internationalisé, voir la carte quelque peu téméraire ci-contre. Eric, qui a tout réussi remarquablement jeune (doctorat terminé à 24 ans, président de la IHK de Berlin à 38 ans), a fait preuve de ne craindre ni le conflit institutionnel, ni les arrangements transpartisans. Il y a quelques semaines, il a toutefois mis fin à son propre engagement politique en quittant le parti des libéraux, le FDP, par ailleurs en bien mauvais état.

La troisième fonction-clé en attente d’un renouvellement est celle du BDA, de l’association fédérale du patronat allemand. Le successeur de Dieter Hundt n’est pas encore connu.

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