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Industrie et ressentiment

Jacqueline Hénard, February 01, 2013

Lundi 4 février, 14 place du Louvain à Bruxelles: „Les politiques industrielles en Europe: y a-t-il un modèle allemand?“. L’Institut français des relations extérieures (Ifri) organise une après-midi de travail autour du „couple“ franco-allemand, et je suis invitée pour le discours de clôture sur ce sujet qui préoccupe tant la France... et si peu l’Allemagne. L’exercice sera délicat, non pas sur le fond, mais sur la forme, tellement le débat autour du „modèle“ a été contreproductif en réveillant des susceptibilités. 

Pour des raisons sans lien avec le fameux Mittelstand qui est pourtant la clé de ses succès actuels, l’Allemagne agace. Emmanuel Todd en a donné une preuve éclatante dans „Mots croisés“ le 28 janvier.  Quelques extraits: 

"Je pense vraiment que vue l’histoire allemande, l’Allemagne est dans un processus d’unification, dans un plan national. Les gens n’ont pas compris que l’Allemagne est dans une stratégie nationale de prise de contrôle de l’Europe et d’isolement de la France. …Quand l’industrie allemande manquera d’ingénieurs (et c’est bientôt) dans ses usines, elle viendra nous piquer les types formés dans les grandes écoles scientifiques françaises. On appellera ça un service du travail non obligatoire, si on veut ajouter une référence historique ironique.
"

Que dire? Les ressentiments historiques ne sont pas un jouet pour intellectuels. Faut-il entrer dans un débat avec Todd? Est-ce qu’il le chercherait, d’ailleurs? Je crois que non. Mais ses paroles ne font qu’exacerber un sentiment qui existe bel et bien et dont il faut désormais tenir compte pour être entendu.

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